Les différents systèmes d'assainissement

Sommaire :

  • Qu'est-ce qu'une fosse toutes eaux ?

  • Comment fonctionne une fosse toutes eaux ?

  • Qu'est-ce qu'un filtre compact ?

  • Qu'est-ce qu'une micro-station ?

  • Comment fonctionne la dispersion des effluents dans le sol ?

  • Comment fonctionne le rejet des effluents vers un exutoire ?

  • Comment fonctionne la dispersion dans le sous-sol ?

Différents types d’installations sont envisageables en fonction de certaines contraintes, notamment : les décisions du SPANK, la perméabilité du sol, la surface disponible, l'exutoire et l'accessibilité.

Qu'est-ce qu'une fosse toutes eaux ? (anciennement fosse sceptique)

La fosse septique (qui ne recueillait que les eaux vannes (toilettes) et non pas les eaux grises (cuisine, salle de bain...) est encore tolérée en France, mais n’est plus installée. Elle a été remplacée par la fosse toutes eaux, qui recueille et traite toutes les eaux usées : eaux vannes et eaux grises.

Seule les eaux pluviales ne peuvent pas transiter par la fosse toutes eaux (car elle peut être utilisée sans traitement et n’a pas besoin d’être dépolluée).

 

En sommes la fosse toutes eaux est la nouvelle génération de « fosse septique » et c’est aujourd'hui le principal dispositif d’assainissement non collectif même si nous chez AmexTP, nous lui préférons les filtres compacts... je vous explique pourquoi un peu plus bas. Concernant la fosse toutes eaux, celle-ci fonctionne sans électricité, cela dit, les terrains qui n'ont pas assez de pente auront besoin d'une pompe de relevage qui, elle, nécessite de l'électricité (en quantité moindre par rapport à une micro station) . De plus, la fosse toutes eaux convient aux maisons secondaires contrairement à la micro station d’épuration.

La fosse toutes eaux désigne en réalité la cuve dans laquelle se passe le prétraitement des eaux usées, elle est utilisée avant le dispositif de traitement : lit d'épandage, filtre compact, filtre à sable...  

Son rôle est de collecter et retenir les eaux ménagères domestiques, liquéfier des matières solides et retenir les matières solides.

Une fosse toutes eaux est généralement une cuve en plastique ou en béton, avec un circuit d’entrée et de sortie d'au moins 100 mm de diamètre.
Elle est parfaitement étanche (pour éviter l’infiltration des eaux usées dans les sols) et elle est conçue pour résister à la pression et à la corrosion (la norme CE est obligatoire).
La cuve est munie d’une ventilation pour évacuer les gaz de fermentation qui sont nocifs, la ventilation s'installe sur toiture au moyen d'un extracteur éolien. des pré filtres peuvent être ajoutés en amont ou en aval.

Des regards permettent d’y accéder pour l’entretien, la vidange et le contrôle.


Le fonctionnement de la fosse toutes eaux

Dans la fosse toutes eaux, les graisses et particules légères des eaux usées s’accumulent en surface et forment "le chapeau". Les matières lourdes se déposent au fond et forment des boues. L’action naturelle des bactéries anaérobies désagrège ces matières qui se liquéfient par fermentation et diminuent en volume. Le liquide clarifié, c’est-à-dire les effluents, s’évacue de la fosse par un trop-plein vers le réseau d’épandage. Une vidange régulière est nécessaire pour assurer l’enlèvement des boues restantes. 
La fosse toutes eaux reçoit directement les eaux usées de la maison. Sa capacité est choisie en fonction du nombre de pièces habitables. Le volume minimal est de 3 m3. Au-delà de 5 pièces, on rajoute 1 m3 par pièce principale supplémentaire.

 

Les micro-stations

La micro-station, ou mini station d'épuration, est un système d'épuration individuel et autonome efficace qui ne nécessite pas d'épandage. C’est une reproduction miniaturisée, à l'échelle de l'habitation individuelle, des petites stations d'épurations urbaines.
La prise en charge des eaux usées se fait en quatre étapes :

1- la collecte des eaux usées

2 - le prétraitement et le traitement par activation biologique

3 - la clarification par séparation des boues et de l'eau traitée

4 - le rejet dans le milieu hydraulique superficiel. 
Il existe deux systèmes de micro-stations. La micro-station à boues activées fonctionne grâce à des bactéries en suspension dans le bassin d’activation. L'apport en oxygène pour les bactéries se fait soit par agitation soit par insufflation d'air avec un compresseur. La micro-station par culture fixées fonctionne avec des bactéries fixées sur une structure. L'oxygène est apporté par insufflation d'air avec un compresseur.
L’intérêt de ces systèmes est leur faible emprise au sol. Le prix d'achat reste similaire a une filière du type fosses toutes eaux et filtre à sables (sans compter la consommation d'electricité). Cependant, les micro-stations ne sont pas éligibles à l’éco PTZ, puisqu’elles nécessitent de l’énergie pour fonctionner. 
Le principal inconvénient repose sur le coût à l’usage. Ces systèmes nécessitent un entretien régulier, avec une vidange tous les 6 à 12 mois selon les types d'appareils (les micro-stations produisent régulièrement des boues en excès). Un contrat de maintenance est donc fortement conseillé. Ces systèmes fonctionnent à l’électricité. Leur fonctionnement peut donc être perturbé par des coupures d’électricité. Bien que ces dernières années, de gros progrès ont vus le jour pour rendre les micro-stations de plus en plus silencieuses, le 0 décibel n'existe pas encore, elles sont pour le moment, plus bruyante que les autres systèmes d'assainissements non collectifs. Enfin, les micro-stations sont très sensibles aux variations de charge en eaux usées, lors d’une fête par exemple.


Les filtres compacts

Les filtre coco, à tourbe ou laine de roche, réduisent considérablement la surface d’épandage par rapport aux filières classiques.
Le filtre composé de coco fonctionne par filtration biologique ou filtration et rétention des polluants jusqu'à dégradation. Ce procédé a plusieurs avantages : il prend peu de place, il ne produit pas de déchet et est renouvelable dans le temps, en sommes : écolo ! Un entretien annuel suffit pour garder le filtre en bon état, entretien que vous pourrez réaliser vous même, nous vous expliquerons comment faire, c'est très simple. Si vous préférez le faire faire, nous vous donnerons, au moment de l'installation, le contrat d'entretien annuel fourni par les fabricants de nos filtres compacts. En fin de cycle de vie (10 ans en moyenne), le filtre peut servir de compost (pas de panique, 10 ans, c'est la durée de vie du filtre, non pas de la cuve). 
Les filtres à tourbe ou à laine de roche présentent les mêmes avantages que le filtre coco : compact et renouvelable. 
Le filtre à roseau permet d'optimiser le traitement des eaux usées. Les roseaux sont plantés sur des massifs filtrants constitués de plusieurs couches de granulats superposées. Une fois épurées, les eaux sont rejetées dans une rivière, dans le sol, dans une mare artificielle ou vers l’irrigation de cultures. Parmi ses avantages par rapport aux filières traditionnelles, la compacité de l’épandage, la fiabilité de fonctionnement et l’intégration à l’environnement. En ce qui nous concerne, nous n'utilisons pas ce dernier système car trop contraignant, autant pour nous que pour nos clients.

La dispersion des effluents dans le sol

L’épandage souterrain est le système le plus répandu et le moins onéreux. Les eaux usées prétraitées, via des tranchées d’épandage, traversent un lit de graviers avant d’être rejetées dans le sol. Le lit de gravier joue le rôle d’épurateur et d’agent dispersant.  
Attention, cette solution nécessite que le sol soit perméable, avec peu de pente, que la nappe phréatique se situe à plus d’1,5 m de profondeur et que la superficie du terrain ou sera installé le lit d'épandage soit suffisante. La surface d'épandage dépend de la taille de l'habitation et de la perméabilité du sol. Elle est définie par l'étude topologique de la parcelle. 

Le lit filtrant vertical non drainé est utilisé lorsque le sol n’est pas perméable ou au contraire, trop perméable. Les eaux usées s’infiltrent dans une couche de sable de silice avant leur dispersion dans le sol. Cette couche de sable est substituée au sol, sur une épaisseur minimale de 70 cm. Une couche de terre végétale d'une épaisseur de 20 cm recouvre le dispositif, cette solution est plus onéreuse mais elle prend moins de place.


Le rejet des effluents vers un exutoire

Le lit filtrant vertical repose sur le même principe que le lit filtrant vertical non drainé : une couche de sable permet d’épurer les eaux prétraitées. La différence repose sur le fait que les eaux traitées sont dirigées ensuite vers un exutoire, un cours d’eau généralement, un fossé ou autre. Ce dispositif est mis en place uniquement lorsque le sol a une faible perméabilité et qu'il existe un exutoire pouvant recevoir l'effluent traité.

Le lit filtrant horizontal drainé permet aux eaux usées prétraitées d’être épurées grâce à une succession de couches de matériaux (sable et graviers) avant d’être dirigées vers un exutoire (fossé ou autre).

La dispersion dans le sous-sol

Le tertre d’infiltration est à prévoir lorsque les dispositifs précédents ne peuvent pas être envisagés : le sol n’est pas adapté à un épandage naturel, il n’existe pas d’exutoire à proximité de l’installation, il existe une nappe phréatique à proximité. Ce système envoie les eaux usées prétraitées dans une couche de sable surélevée, qui assurera leur épuration avant dispersion dans le sous-sol. Il peut être en partie enterré ou totalement hors sol.